Juste parce qu'en ce moment, je suis à fond dedans ^^
Extrait de Eric WEIL, Logique de la Philosophie, Vrin. 1967, pp. 7-8.
L'homme est un être comme les autres, un être vivant ; mais tout en étant comme les autres, il n'est pas seulement comme les autres. Il a des besoins, mais il a encore des désirs, c'est-à-dire des besoins qu'il a formés lui-même, qui ne sont pas dans sa nature, mais qu'il s'est donnés. L'instinct sexuel se trouve chez lui comme chez tous les animaux : mais il ne se contente pas de la possession du partenaire, il veut encore être aimé par celui-ci. Comme tout organisme, il a besoin de nourriture et ne peut se nourrir que de certaines substances ; mais il ne lui suffit pas d'assouvir sa faim, il transforme ce que lui offre la nature. Il lutte avec ses congénères pour son habitat, (...) pour la nourriture : mais ce n'est pas assez pour lui d'avoir chassé le concurrent, l'adversaire ; il veut le détruire ou le forcer à se soumettre à lui et à reconnaître sa maitrise et sa domination, à faire à sa place ce que, jusqu'ici, il avait fait lui-même, à transformer ce que la nature présente immédiatement à l'homme, à chercher, produire, préparer la nourriture, la maison, à garder les femmes, à élever les enfants.
En somme, l'homme ignore ce qu'il veut. Mais il sait très bien ce qu'il ne veut pas : (...) l'homme n'est pas ce qu'il est parce qu'il ne veut pas être ce qu'il est, parce qu'il n'est pas content d'être ce qu'il est, d'avoir ce qui est. Il est l'animal qui parle, un des animaux qui parlent, mais il est le seul animal qui emploie son langage pour dire Non.
Extrait de PASCAL, Pensées (1960).
Qu'est-ce-que le moi ?
Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants ; si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir ? Non ; car il ne pense pas à moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté l'aime-t-il ? Non : car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.
Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on ? moi ? Non, car je puis perdre ces qualtés sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps ni dans l'âme ? et comment aimer ce corps ou l'âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont périssables ? car aimerait-on la substance de l'âme d'une personne, abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
Extrait de mon cours ( > < )
L'amour est un désir exclusif pour ce que la personne a d'unique. On aime cette personne la parce qu'elle ne ressemble à aucune autre. Donc, ce que j'aime chez l'autre, c'est son "moi". Mais qu'est-ce-que ce moi ?
Ce ne sont pas les caractéristiques physiques, puisqu'elles peuvent changer, ou disparaître.
Ce ne sont pas non plus les capacités intellectuelles, car elles peuvent également évoluer.
Au final, ce qu'on aime chez l'autre, ce n'est pas telle qualité particulière mais l'ensemble de toutes ses qualités, de tout ce qu'il est. Le "moi" peut ne peut donc pas être défini puisqu'il est la somme de tout ce que l'homme a vécu, de tout ce qu'il pense et de tout ce qu'il fait.
Juste parce que j'aime ces passages, qu'ils me "parlent" plus que je ne pourrais l'imaginer.